05 Jul
Constant VIALE

Jasmin, "rose centifolia", "lys de la Madone", violette, tubéreuse… Constant Viale disparu en 2022, ne cultivait pas seulement des plantes, il protégeait une histoire, une identité, une culture : défenseur infatigable du patrimoine naturel, il était un ambassadeur précieux des savoir-faire du Pays de Grasse.

Sans lui, la tubéreuse aurait sans doute disparu. Grâce à sa ténacité, elle refleurit aujourd’hui dans les champs des plus grandes maisons de parfumerie. 

Son engagement fut déterminant dans la reconnaissance par l’UNESCO  « des savoir-faire liés au Parfum en Pays de Grasse » (inscrits au Patrimoine culturel immatériel de l'Humanité en 2018).

Poète, esthète, amoureux des mots autant que des fleurs, Constant VIALE était aussi un homme reconnu pour sa gentillesse, sa bienveillance et sa disponibilité.

Photos extraites du "Jardin de Constant" (facebook)


PATRIMOINE CULTUREL IMMATERIEL DE L'HUMANITE 

Extrait de l'intervention de Constant VIALE 

au Sénat  le 23 novembre 2015


     "Pour aborder la Beauté une grande prudence est requise pour ne pas tomber dans la facilité de la confusion avec la joliesse ou l'esthétique. L'homme de la terre, producteur de plantes à parfums est d'autant plus créateur de Beauté qu'il est conscient, porteur comptable et responsable de ce qui lui est confié. 

Responsable de la gestion en bon père de famille d'un espace-écrin dans lequel il œuvre : le paysage, littéralement pays sage, parce que venant du fond des âges et qui a besoin d'être compris pour être respecté dans une certaine obéissance à ses lois. 

Responsable des moyens mis en œuvre pour en vivre, bien sûr, sans tout bouleverser de l'ordonnancement de le la vie. 

Responsable de la qualité de ses récoltes en sachant, dès le début que c'est son propre sceau psychologique qu'il appose sur l'ensemble de ses interventions et que par conséquent cette -alpha-qualité-matière va se retrouver jusqu'à l'oméga dans son utilisation par la prééminence de l'esprit sur la matière. 

Ainsi, ce producteur, ne livre pas "un produit", mais un fragment de sa propre conscience en marche, de là seulement la Beauté-couronnement peut venir. 

Responsable enfin parce que la fleur est vivant enseignement puisqu'à l'arrivée à éclosion, elle contient à la fois l'Origine, étant fragment non dissocié de l'unité primordiale, la semence, c'est-à-dire l'idée métaphysique de la forme qu'elle va générer et le subtil, élément indescriptible de cohésion, 6e élément en suspension dans l'éther comme la Joie, comme l'amour. 

Le salaire de la Beauté rend au centuple le soin, l'attention, la présence d'un vivant regard, celui qui transforme tout ce qu'il saisit. Il semble plus que jamais, que l'homme a besoin de cette Beauté sans laquelle il meurt. C'est à ce point de contact que l'humanité entière est concernée. L'homme se nourrit de l'invisible, de l'impersonnel, à trop préférer leurs contraintes, il ne peut que survivre. Mais étant entité charnelle, par ses sens, il est apte à l'émerveillement, vertu salvatrice. Dès lors, la Beauté est fil de relation entre les deux dimensions de l'homme. C'est pourquoi elle est vitale..."




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